Le blog d’un jeune tunisien

Lisez dans mes pensées… à vos risques et périls !

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Mon poème dans le complément “Parole de jeunes” de la LaPresse

Publié par Bilel sur 15 octobre 2007

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Avec joie, j’ai vu aujourd’hui mon poème J’ai faim publié dans la rubrique Libre aire du complément Paroles de jeunes du journal quotidien LaPresse.

C’est grâce à mon amie Yosra que mon blog est cité, pas pour la première fois, dans différentes rubriques du journal. Elle a été touchée par mon poème qu’elle a trouvé émouvant, alors elle l’a sélectionné pour la rubrique Libre aire de cette semaine, précédé de cette mention :

A la fin du mois de Ramadhan, “J’ai faim”, le poème de Bilel, est tombé à pic. Mais notre ami parle d’une faim autre, d’une faim affective.

( Remarque : Cette semaine, le complément occupe les pages 10 et 11 du journal. )

Merci beaucoup Yosra. J’avais besoin de savoir que mon poème a été remarqué, que ma voix a été entendue et que mes maux ont su employer les mots.

Cliquez ici pour lire le poème
La rubrique sur le site de LaPresse

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[Poème] J’ai faim

Publié par Bilel sur 1 octobre 2007

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Voilà que cela fera un mois demain…
Un mois de solitude, d’extrême chagrin.

Pendant dix mois nous étions là,
Nous éblouissions la lune
Par l’étincelle entre nos mains.
Par la chaleur d’un regard,
Nous nous moquions du soleil lointain.

Aujourd’hui, je ne suis plus qu’un.
“Même pas !” me dira un cœur vilain.
“Tu n’es qu’une ombre en larmes, mon frangin.
Du vide tu fais le plein.
Tu es un moins que rien.”

Aujourd’hui je me sens déçu
D’un amour incapable et vain.
Je me sens bête
À me nourrir de foin.
À m’enfermer dans quatre coins
Et à n’en occuper qu’un.

Aujourd’hui que sans toi
Tout est mauvais,
Même quand le soleil brille
Partout il fait un temps de chien,
Aujourd’hui que mon chagrin est sans fin,
Je te dis simplement
De la vie, ma vie,
De toi,
J’ai faim.

Bilel
Samedi, 29 septembre 2007

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Le début du deuil

Publié par Bilel sur 10 septembre 2007

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Dans cet été de l’année 2007, il y avait tellement de fêtes de mariage qu’on dirait que plus personne n’est célibataire.

C’était plutôt normal dans l’entourage de Minet (c’était comme ça que l’appelaient ses amis, pourtant il n’avait rien d’un minet). Entouré d’amis et de collègues de la tranche d’age de 26-30 ans, la plupart étaient - ou se faisaient - bons-à-marier.

Le jeune homme ne s’est pas absenté de ces fêtes, c’étaient ses amis, parfois ses meilleurs amis. Et comment peut-il ne pas leur montrer sa joie et combien il était heureux pour eux ?

De ces soirées, Minet n’a pas encore oublié ce sourire qui illuminait les visages des mariés, cet effet “seconde vie”, ce regard concentré de joie, de fierté, de challenge. Il se souvient même de cette vielle femme de 70 ans qui dansait comme si elle n’en avait que 7, de cette petite fille qui pleurait pour avoir perdu sa maman dans la foule, de Tonton qui était présent partout dans la salle et n’attendait qu’une chose : que tout le monde vienne vers lui pour le féliciter du succès de son enfant qui se marie, un succès qu’il s’approprie sans gêne.

Devant toutes ces scènes et bien d’autres, le jeune homme s’est posé mille et une questions ; Sera-t-il dans plusieurs années ce grand père auteur de familles et de générations ? Sera-t-il ce papa formidable qui en a les larmes aux yeux de joie comme de peine de voir ses enfants voler de leurs propres ailes, et lui chuchoter qu’ils apprendront de ses erreurs à lui pour être les meilleurs parents du monde ? Moins loin, occupera-t-il un jour la place de ce jeune marié, fier comme il est de ce qui lui arrive, de cette tentation de franchir la porte pour plonger dans un inconnu, prétendu accès au bonheur, qu’on appelle conventionnellement “le mariage” ? Encore moins loin, aura-t-il l’honneur, la chance ou même une lueur d’espoir de partager avec une femme, son amour, son unique et éternel amour, le désir et la volonté qu’ils soient unis tous deux pour la vie ?

Elle.

Elle a choisit le soir du jeudi 30 août, dans un café au bord de la plage de La Goulette, un soir où il faisait un temps dont il ne se souvient point, un soir ou a sonné l’heure pour annoncer la fin de sa vie, et le début d’un deuil qui durera jusqu’à ce que que son cœur cesse de fissurer ses veines en y injectant malheur et dégoût, jusqu’à ce que mort mettra fin à sa mort.

Elle a choisit l’avant-veille des vacances qu’ils avaient prévu de passer ensemble, l’un à coté de l’autre, ce qui était amplement suffisant pour illustrer leur conception du bonheur. “Être ensemble”.

Elle a choisit ce soir là pour lui donner une réponse à toutes ces questions qu’il a pu se poser une dernière fois dans sa vie.

Et c’était un “non”.

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Rendez-vous sanglant

Publié par Bilel sur 6 avril 2007

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23:17

Je suis dans mon lit, de retour du cinéma. J’attends qu’elle me fasse un bip ou m’envoie un texto pour dire qu’elle est bien arrivée chez elle. C’est toujours comme ça quand elle me dépose en fin de soirée.
Fin de soirée, façon de parler… Disons plutôt la fin de la première partie de la soirée et non la plus dure, après laquelle chacun va se retrouver avec lui-même. Bas les masques ! Les regards vont à nouveau se perdre dans la continuité de ces idées roses pâles sans issue aucune.

Ah, voilà le bip.

Le film (tunisien) ne demandait pas d’efforts particuliers pour prendre sa place parmi les moins marquants de l’histoire du cinéma national. Il faut dire que si j’étais chez moi pendant ce temps là, 26 ans se seraient “rediffusés” (encore une fois) dans ma tête. Ça aurait consommé ce qui reste de mon énergie qui devient de plus en plus rapidement épuisable.

C’était convenu qu’on reste amis, qu’on ne s’éloigne pas l’un de l’autre, au nom de notre amour qui nous en veut, de notre complicité qui n’a su arranger les choses, de notre entente qui se fait entendre, du succès brillant de notre échec, de tous les moments, bons qu’ils soient ou mauvais, mais tant authentiques qu’on a pu vivre ensemble en si peu de temps. On est l’exemple qui représente le mieux ces vieux couples qui, après leur séparation, jouent les amis et se font un plaisir de se voir souvent pour prouver chacun à lui-même mais surtout à l’autre à quel point il compte pour lui et tient au moins à ne pas le perdre de vue, et à la fois, paradoxalement, combien il peut être serein et suffisamment solide pour supporter cette forme de séparation sans frontières. Ce rôle, on l’assurait parfaitement bien. Bravo ! Au moins une chose qu’on a pu réussir “en couple”. Pourtant, il n’y avait rien à prouver, si ce n’est la légitimité de nos choix.

J’ai dis “vieux couples”, pourtant la relation n’a duré que quelques mois. Mais il s’est passé tellement de choses dans notre imagination, des décennies d’harmonie, des projets pour la vie.
Aujourd’hui, le bilan est à des années lumières de satisfaire ce que nous avons prévu pour le futur.
Le destin est cachetier. Il ne fallait peut-être pas tout lui dire de ce qu’on attendait de lui non plus…

Allez, on ne va pas dramatiser les choses davantage, elles le sont déjà assez.

Une dernière cigarette avant de fermer les yeux et prier pour que le sommeil ait le courage de calmer pour quelques heures cette usine à gaz qu’est le cerveau humain.

Demain est un autre jour, selon les statistiques très probablement identique aux précédents…

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